Leptospirose

Leptospirose

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La leptospirose est l’une des premières zoonoses mortelles dans le monde.

On compte 1 million de leptospiroses sévères par an dans le monde avec un taux de mortalité de 5 à 20%, bien loin devant la dengue.

La France est l’un des pays industrialisés qui a l’incidence la plus élevée de leptospirose. Plus de 85% des cas documentés n’avaient pas voyagé le mois précédent l’apparition des symptômes. La très grande majorité des cas était de sexe masculin.

On constate actuellement une recrudescence importante de la maladie en France métropolitaine, avec le doublement des cas depuis 2014 (de 300 à 600 cas par an), notamment en raison du réchauffement climatique. En octobre 2016, deux détenus de la prison de Fresnes ont été atteints de leptospirose. En 2013, un chasseur est décédé suite à contamination par un rongeur.

La maladie

La maladie est due à une bactérie : la « leptospire », bactérie très fine, souple et mobile.

Les bactéries sont très résistantes dans l’eau et la boue, où elles peuvent survivre jusqu’à 6 mois, avec une durée maximale dans un sol saturé d’urine (180 jours).

Elles survivent 35 jours dans un sol mouillé, 28 jours dans l’eau du robinet Ph7, 10 jours dans les ordures, 2 jours dans l’eau du robinet Ph5, à peine 1 jour dans l’eau de mer.

La contamination

La contamination se fait par contact avec un animal (qu’il soit vivant ou mort) ou avec l’environnement (en particulier l’eau/la boue) souillé par l’urine d’animaux. 

Elle est portée également par les animaux d’élevage (porcs, moutons, vaches, etc.) et les animaux domestiques (chiens, chevaux, …).

Les symptômes

La leptospirose ressemble à une grippe, d’où l’absence de son diagnostic dans 90% des cas (cas bénins).

La leptospirose apparaît une semaine à un mois après la contamination avec :

  • L’apparition brutale d’une forte fièvre (40°C) ;
  • Des frissons ;
  • Des maux de tête ;
  • Des douleurs musculaires ;
  • Des diarrhées ou vomissements.

Ainsi, en cas d’activités à risque de leptospirose et de syndrome grippal, il convient de réfléchir à une exposition potentielle dans le mois précédent les symptômes et d’agir très rapidement (délai de prise en charge : 21 jours).

Lorsque la maladie s’aggrave, les organes sont atteints (foie, reins, poumons), nécessitant une hospitalisation dans 88% des cas, voire des soins intensifs et même la réanimation dans 64% des cas.

Ces cas graves débouchent :

  • Dans 10% des cas sur le décès du patient ;
  • Dans 10% des cas sur des séquelles à long terme (troubles visuels, fatigue chronique) ;
  • Dans 1,3% des cas sur une incapacité de travail permanente.

Les activités à risque

Certains travailleurs, notamment ceux dans le domaine de l'assainissement des eaux usées et des eaux pluviales, sont donc particulièrement exposés.

La leptospirose fait d'ailleurs partie de la liste des maladies professionnelles pour le régime général pour ces activités : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Tableau des maladies professionnelles (19A) du régime général

Pour le régime agricole :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Tableau des maladies professionnelles (5) du régime agricole

Les moyens de prévention

Ils consistent en :

  • une information  des personnes à risque ;
  • le respect de règles d'hygiène ;
  • Le port d'équipements individuels de protection ;
  • une vaccination en cas de personnes particulièrement exposées, selon les recommandations officielles.

Le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) a émis deux avis contenant des recommandations pour la prévention de la maladie :

  • Pour la population générale : Avis du CSHPF du 30/09/2005 relatif aux recommandations pour la prévention de la leptospirose en population générale ;
  • Pour les travailleurs exposés : Avis du CSHPF du 18/03/2005 relatif aux recommandations pour la prévention de la leptospirose en cas d’activité professionnelle à risque

Obligations de l'employeur

Aux termes de l'article L.4121-1 du Code du travail :

"L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ;

2° Des actions d'information et de formation ;

3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes".

NB : Il s'agit d'une obligation de résultat pour l'employeur.

Un agent peut refuser la vaccination mais cela ne constitue pas une exonération de la responsabilité de l’employeur, quand bien même l’agent signerait une « décharge ».

En cas de manquement, dans les cas les plus extrêmes, l’employeur risque jusqu’à 534 000 € de renchérissement du compte entreprise AT/MP à rembourser à la sécurité sociale, et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement assortis d’une amende pour l’équipe dirigeante en cas de négligence, manquement à une obligation de sécurité ou faute inexcusable, causant un dommage au salarié.

Dans le cadre de la nouvelle loi travail et du décret n°2016-1908 du 27 décembre 2016, les personnes exposées aux agents biologiques de type 2 - dont fait partie la leptospirose - doivent être vus par un professionnel de santé au travail :

  • lors d’une visite initiale qui devra être réalisée avant la prise de poste (Visite d’Information et de Prévention) ;
  • au cours des visites médicales périodiques à programmer au maximum tous les 5 ans et à adapter selon les besoins (application d’un schéma vaccinal par exemple).

Aller plus loin : Plaquettes et information sur le site Imaxio


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