Digues et barrages

Digues et barrages

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Une digue est un remblai plutôt parallèle au sens d’écoulement.

Elles sont construites en matériau naturel ou artificiel, le plus souvent composé de terre. Leur fonction principale est de canaliser l’écoulement et d’empêcher la submersion des basses-terres contiguës.

On rencontre trois grands types de digues :

  • les digues de protection contre les inondations, situées dans le lit majeur d'un cours d'eau (ou le long du littoral maritime),
  • les digues de canaux,
  • les digues de type maritime (brise-lames ou jetées).

Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'une zone d’écoulement naturel de l'eau. De manière impropre, on utilise quelquefois le terme de digue pour désigner les remblais le constituant.
Un barrage permet par exemple la régulation du débit d'une rivière, l'irrigation des cultures, une prévention relative des catastrophes naturelles (crues, inondations, la production d'électricité ...

Il en existe plusieurs types :

  • les barrages poids dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l'eau, souvent réalisés en béton ;
  • les barrages voûte pour lesquels la poussée de l’eau est reportée sur les flancs. Ce procédé s’adapte aux vallées étroites et aux ancrages solides ;
  • les barrages à contrefort ou multivoûtes adaptés aux vallées plus larges ;
  • les barrages mobiles utilisés principalement dans les estuaires ;
  • les barrages en remblai constitués d’éléments fins ou grossiers naturels – argile, enrochements, terre, etc.

Les barrages ne sont pas soumis à autorisation d'urbanisme, dès lors qu'ils se situent hors des secteurs sauvegardés. L'article R.421-3 du Code de l'Urbanisme prévoit en effet que :

"Sont dispensés de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature, sauf lorsqu'ils sont implantés dans un secteur sauvegardé dont le périmètre a été délimité (...) Tous ouvrages d'infrastructure terrestre, maritime ou fluviale tels que les voies, ponts, infrastructures portuaires ou aéroportuaires." 

En revanche, les barrages situés dans les secteurs sauvegardés (art. L.313-1 du Code de l'urbanisme) sont soumis à déclaration préalable (art. R.421-10 du Code de l'urbanisme).

Réglementation

Le décret n° 2007-1735 du 11 décembre 2007 a fixé de nouvelles règles pour les digues et complété les dispositions réglementaires pour les barrages.

Quatre classes ont été constituées pour chaque type d’ouvrage.

Classement des barrages
Classement des digues

Ces classements induisent des obligations pour les maîtres d’ouvrages. Pour les barrages, elles sont résumées dans le tableau ci-après :

En Seine-Maritime, les ouvrages ne sont pas classés (inférieurs à 2 mètres de hauteur) ou sont classés en classe D. Les obligations réglementaires portent donc principalement sur la construction, sur l’établissement d’un dossier du barrage et sur son registre, sur les consignes de surveillance et d’exploitation en période de crues et sur une visite technique approfondie une fois tous les 10 ans.

Risques de rupture d'un ouvrage

La longévité et la diminution des risques sont liées directement à la qualité des études initiales, à des règles constructives strictes et à une bonne surveillance.

Les ruptures et les dégradations sur les barrages en terre proviennent souvent :

  • d’une surverse  - débordement (mauvaise estimation de la crue de projet, embâcles mal évacuées par l’évacuateur de crues…) ;
  • d’un affouillement (mauvaise mise en œuvre des matériaux, insuffisance de contrôle lors du chantier…) ;
  • d’un renard hydraulique – diminution de la résistance le long d’un axe et création d’une galerie par érosion (mauvaise mise en œuvre, surveillance insuffisante…)

Un défaut de conception, de surveillance et d’entretien peut donc provoquer de graves désordres et conduire à la catastrophe.

 Guide et surveillance des petits barrages en Seine-Maritime (Juin 2010 - Site de la DISE)


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